
Votre concurrent a fermé après un incendie. Pas parce que le feu était plus grave qu’ailleurs. Parce qu’il était mal assuré. Dans mon activité de conseil auprès de PME québécoises, je vois ce scénario se répéter. Un entrepreneur convaincu d’être protégé découvre, le jour du sinistre, que sa couverture ne vaut rien. Les coûts d’assurance des PME québécoises ont grimpé de 14 points en 2024 selon la FCEI. Pourtant, le problème n’est pas le prix. C’est de payer pour les mauvaises protections.
Information importante
Ce contenu est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil en assurance personnalisé. Consultez un courtier d’assurance certifié pour une analyse adaptée à votre situation d’entreprise.
L’essentiel sur l’assurance entreprise en 30 secondes
- Quatre couvertures couvrent 80 % des besoins : responsabilité civile, biens, pertes d’exploitation, cyber
- La sous-assurance reste l’erreur la plus coûteuse — et la plus fréquente
- Un courtier indépendant compare les offres pour vous, un agent travaille pour un seul assureur
- Comptez 2 à 4 semaines entre la demande et la couverture effective
Les 4 couvertures que 80 % des PME québécoises devraient avoir
Franchement, je pourrais vous lister une vingtaine de produits d’assurance. Ça ne servirait à rien. Sur le terrain, quatre protections règlent la majorité des situations. Le Bureau d’assurance du Canada le confirme : toute entreprise devrait être assurée pour ses biens, ses activités et sa responsabilité civile pour opérer.
Le récapitulatif ci-dessous présente ces quatre piliers selon le type d’activité. Chaque ligne indique qui en a besoin en priorité et contre quoi elle protège. Servez-vous-en pour identifier ce qui vous concerne directement.
| Couverture | Pour qui ? | Protège contre | Priorité |
|---|---|---|---|
| Responsabilité civile | Toute entreprise avec clients ou fournisseurs | Dommages causés à autrui, frais juridiques | Critique |
| Biens commerciaux | Commerce de détail, restauration, manufacturier | Incendie, vol, dégât d’eau sur équipements et stocks | Haute |
| Pertes d’exploitation | Entreprise dépendante d’un local ou équipement clé | Revenus perdus pendant interruption forcée | Haute |
| Cyberassurance | Entreprise traitant données clients ou paiements | Rançongiciel, vol de données, frais de notification | Croissante |
Mon avis : commencez toujours par la responsabilité civile. C’est la seule qui peut vous ruiner personnellement si vous n’êtes pas couvert. Certaines professions concernées par la RC professionnelle sont d’ailleurs tenues légalement de la souscrire au Québec.

L’erreur qui coûte le plus cher aux entrepreneurs
La sous-assurance. Ce mot technique cache une réalité brutale : vous pensez être protégé, mais votre couverture ne vaut qu’une fraction de vos pertes réelles. Dans mon activité de conseil auprès de PME montréalaises, j’observe fréquemment que l’absence de couverture pertes d’exploitation conduit à des fermetures définitives dans l’année suivant un sinistre majeur.
Attention : Si votre contrat date de plus de 3 ans et que vous n’avez jamais mis à jour la valeur déclarée de vos équipements ou stocks, vous êtes probablement sous-assuré. Les prix ont changé. Votre inventaire aussi.
J’ai accompagné un propriétaire de commerce de détail à Blainville l’an dernier. Son cas m’a marqué parce qu’il illustre exactement ce piège.
Quand l’absence de mise à jour coûte cher
J’ai traité le dossier de ce commerçant qui n’avait pas revu sa couverture depuis 5 ans. Son activité avait évolué, ses stocks aussi. Lors d’un dégât d’eau mineur, on a découvert que la valeur assurée était inférieure de 40 % à la valeur réelle de son inventaire. Si le sinistre avait été majeur, il aurait perdu plusieurs dizaines de milliers de dollars de sa poche. On a corrigé le tir avant que ça n’arrive.
Les pluies du 9 août 2024 au Québec ont généré 70 000 réclamations en assurance habitation en une seule semaine. Des milliers d’entreprises touchées. Combien étaient réellement prêtes ?
Ce qui me préoccupe le plus chez mes clients : la confusion entre valeur à neuf et valeur dépréciée. Si votre contrat prévoit un remboursement avec dépréciation, un équipement acheté 50 000 $ il y a 5 ans pourrait n’être indemnisé que 20 000 $. Ça ne suffit pas pour racheter l’équivalent aujourd’hui.
Courtier ou direct : ce que personne ne vous dit
Soyons clairs : un agent travaille pour un seul assureur. Un courtier d’assurance indépendant travaille pour vous. Il compare les offres de plusieurs compagnies et négocie en votre nom. Selon les règles de la ChAD, le certificat est émis par l’Autorité des marchés financiers et donne l’autorisation de pratiquer.
Je recommande toujours de passer par un courtier plutôt que de magasiner une assurance en ligne. Voici pourquoi : les formulaires en ligne ne posent pas les bonnes questions. Ils ne détectent pas les gaps entre vos contrats. Ils ne vous alertent pas sur les exclusions cachées. Pour trouver une assurance pour entreprise adaptée à votre situation, un échange humain reste irremplaçable.
Conseil terrain : Demandez toujours si le courtier est rémunéré à la commission par l’assureur ou s’il facture des honoraires. Ça change sa motivation à vous proposer le produit le plus adapté plutôt que le plus rentable pour lui.

Timeline typique que je constate sur le terrain : J+0 vous contactez un courtier pour analyser vos risques. J+7 à J+14, vous recevez des soumissions comparées. J+21, signature du contrat. J+30, couverture effective complète. Comptez donc 2 à 4 semaines minimum.
7 questions à poser à votre courtier avant de signer
-
Quelles exclusions s’appliquent à mon secteur d’activité précis ? -
Ma couverture biens est-elle en valeur à neuf ou avec dépréciation ? -
Quel est le délai de carence pour les pertes d’exploitation ? -
Comment fonctionne la franchise en cas de sinistre multiple ? -
Que se passe-t-il si mon activité évolue en cours de contrat ? -
Quels documents dois-je conserver pour faciliter une réclamation ? -
Combien d’assureurs avez-vous consultés pour cette soumission ?
Vos questions sur l’assurance entreprise
Est-ce obligatoire d’avoir une assurance pour mon entreprise au Québec ?
Ça dépend de votre activité. Certaines professions réglementées sont tenues légalement de souscrire une RC professionnelle. Pour les autres, aucune obligation légale directe. Mais soyons réalistes : opérer sans assurance, c’est jouer à la roulette russe avec votre patrimoine personnel.
Combien coûte une assurance multirisque pour une PME ?
Ça tourne autour de quelques centaines à plusieurs milliers de dollars par année. Le coût varie fortement selon le secteur d’activité, la taille de l’entreprise, l’historique de sinistres et le niveau de franchise choisi. Je ne vous donnerai pas de chiffre précis ici parce que ça n’aurait aucun sens sans connaître votre situation.
Quelle est la différence entre un courtier et un agent d’assurance ?
L’agent représente un seul assureur. Le courtier est indépendant et compare plusieurs compagnies pour vous. Au Québec, les deux sont encadrés par l’Autorité des marchés financiers. Mon conseil : privilégiez un courtier pour avoir accès à plus d’options.
Puis-je changer d’assureur en cours de contrat ?
Généralement oui, avec un préavis (souvent 30 jours). Vérifiez les conditions de résiliation dans votre contrat actuel. Attention aux frais de résiliation anticipée qui peuvent s’appliquer selon la période restante.
Que faire si mon entreprise évolue après la signature du contrat ?
Prévenez votre courtier immédiatement. Nouvelle activité, nouveau local, équipements supplémentaires : tout changement significatif doit être déclaré. Sinon, vous risquez un refus d’indemnisation si le sinistre est lié à un élément non déclaré.
Si vous êtes propriétaire de locaux commerciaux, vous pourriez aussi avoir besoin de clarifier les différences entre bail professionnel et commercial. Ça influence directement vos obligations en matière d’assurance.
Limites de ce guide et prochaines étapes
Ce guide présente les principes généraux applicables au Québec. Chaque secteur d’activité a ses spécificités. Les montants mentionnés sont des fourchettes indicatives variant selon votre profil de risque. Les obligations réglementaires évoluent régulièrement.
- Risque de sous-assurance si couverture non adaptée à l’activité réelle
- Risque de refus d’indemnisation si déclaration initiale incomplète
- Risque de gaps de couverture entre plusieurs contrats mal coordonnés
Plutôt que de conclure, posez-vous cette question pour la suite : quand avez-vous revu votre couverture pour la dernière fois ? Si la réponse est « jamais » ou « il y a plus de 2 ans », contactez un courtier certifié par l’AMF du Québec cette semaine. Pas demain. Cette semaine.